Côté canin

06/12/2025

❄️ L’Impact du Froid sur le Chien :ce qu’il convient de connaître

Le froid est une réalité saisonnière qu’il est essentiel de ne pas sous-estimer dans l’accompagnement de nos compagnons canins. Contrairement à une idée reçue, si la plupart des chiens sont plus résistants aux basses températures que nous, leur organisme et leur comportement subissent des modifications physiologiques et articulaires importantes. En tant qu’éducateur canin, comprendre ces mécanismes est crucial pour adapter « les séances de travail » et garantir le bien-être de l’animal.


🔬 Les Conséquences du Froid sur l’Organisme

La résistance au froid varie énormément selon les races (poils longs et sous-poil dense comme le Husky ou le Terre-Neuve vs. races à poils ras et fines comme le Lévrier ou le Chihuahua), l’âge (chiots et seniors sont plus sensibles), et l’état de santé (maigreur, obésité, maladies chroniques).

1. Le Risque d’Hypothermie : Une Urgence Vitale

L’hypothermie survient lorsque le chien perd de la chaleur plus rapidement qu’il ne peut en produire, entraînant une baisse de sa température corporelle normale (qui est d’environ 38,5°C à 39 °C).

  • Stade Léger (température 32°C à 37°C) : Le corps réagit par des frissons intenses (thermogenèse par contraction musculaire) et une vasoconstriction périphérique (réduction du flux sanguin aux extrémités pour conserver la chaleur centrale). Dans son comportement, le chien cherche activement à se mettre à l’abri, se recroqueville, et montre une baisse d’entrain ou une posture voûtée.
  • Stade Modéré à Sévère (température inférieure à 32°C) : Les frissons cessent paradoxalement, car les mécanismes de production de chaleur échouent. On observe une léthargie marquée, des faiblesses musculaires, un rythme cardiaque (bradycardie) et une respiration lents et superficiels. Les muqueuses (gencives) deviennent pâles, voire bleutées. Le risque de défaillance d’organes (rein, cœur) devient critique. Une prise en charge vétérinaire urgente est impérative.

2. Impact sur l’Appareil Locomoteur et l’Arthrose

L’exposition au froid aggrave significativement les troubles articulaires existants (arthrose, dysplasie).

  • Vasoconstriction et Articulations : La réduction de la circulation sanguine dans les extrémités et autour des articulations réduit l’apport d’oxygène et de nutriments.
  • Augmentation de la Viscosité du Liquide Synovial : Le froid rend le liquide lubrifiant des articulations plus « épais » (plus visqueux). Cela augmente les frottements entre les cartilages, ce qui mène à des raideurs musculaires et articulaires qui se manifestent souvent au réveil ou après une période de repos.
  • Signes Comportementaux à Surveiller : Boiterie « à froid » qui s’améliore après un échauffement progressif, réticence à sauter, à monter les escaliers, ou difficulté à se lever.

3. Effet sur les Voies Respiratoires et le Système Immunitaire

Le froid et l’humidité peuvent fragiliser les muqueuses respiratoires.

  • Refroidissement et Infections : Les chiens peuvent attraper des « coups de froid » (rhume canin) ou être plus sensibles à des infections bactériennes ou virales (comme la toux du chenil). Les symptômes incluent des écoulements nasaux et oculaires, de la toux et de la fatigue.
  • Soutien Immunitaire : Le corps consacre une part importante de son énergie à maintenir sa température interne, ce qui peut solliciter davantage le système immunitaire.

🐕 Recommandations de l’Éducateur Canin

Pour une activité professionnelle responsable et adaptée, il est crucial de modifier vos pratiques par temps froid.

1. Adapter la Durée et le Type de Travail

  • Échauffement et Récupération : Commencez toujours la séance par un échauffement progressif (marche tranquille) pour augmenter la température corporelle et la souplesse articulaire, surtout pour les chiens arthrosiques. De même, terminez par une phase de calme.
  • Limiter l’Inactivité : Évitez les longues périodes d’attente ou d’immobilité. Les exercices dynamiques et courts sont préférables pour maintenir la chaleur corporelle.
  • Lutter contre l’Humidité : Le froid humide est beaucoup plus pénétrant que le froid sec. Si le chien est mouillé (pluie, neige), séchez-le immédiatement après la séance pour prévenir l’hypothermie.

2. Protection et Soins Spécifiques

  • Vêtements de Protection : Pour les races sensibles (petits chiens, poils ras, sujets âgés), l’utilisation d’un manteau bien ajusté est une recommandation vétérinaire légitime pour limiter la déperdition de chaleur.
  • Soins des Coussinets : Le sel de déneigement et le gel peuvent causer des engelures, irritations, ou fissures.
    • Protection : Appliquez un baume protecteur (graisse pour coussinets) avant la sortie.
    • Nettoyage : Rincez et séchez minutieusement les pattes après la promenade pour éliminer les résidus de sel, qui sont toxiques s’ils sont léchés.
  • Alimentation : Consultez le vétérinaire pour adapter la ration alimentaire, car la dépense énergétique peut être supérieure en hiver pour les chiens qui passent beaucoup de temps dehors ou qui sont très actifs.

3. Reconnaître les Signes de Détresse

Éduquez vos clients à ne pas ignorer les signaux d’alerte :

  • Tremblements persistants (qui ne s’arrêtent pas en mouvement).
  • Recherche compulsive d’un abri ou refus d’avancer.
  • Raideur ou difficultés de coordination motrice.

Le message clé à transmettre est l’adaptation. Le froid n’est pas une raison d’annuler les sorties (qui sont vitales pour le bien-être), mais il exige une vigilance accrue, une adaptation des équipements et un ajustement des exercices en fonction des particularités de chaque chien.


Votre clinique vétérinaire locale est votre meilleur allié pour des conseils personnalisés et pour évaluer la tolérance au froid de votre propre chien.